Le blog du SNJ Ouest-France

Un service de santé interne : pour quoi faire?

Pour quelle raison la direction d’Ouest-France tient-elle à conserver un service de santé interne à l’entreprise, alors qu’elle poursuit, depuis des années, une politique d’externalisation de tout ce qui ne constitue pas le cœur de son métier ? Garage, sécurité, ménage, standard téléphonique, informatique… : tout y passe pour des raisons essentiellement économiques. On a même découvert dernièrement que le directeur technique de l’imprimerie de La Chevrolière est un indépendant qui n’est pas salarié de l’entreprise. [lire la suite sur le document ci-dessous]

Service de santé au travail : déclaration des élus du CSE

Le 18 janvier 2021, la déclaration ci-dessous a été lue en ouverture de la réunion extraordinaire du CSE consacrée, notamment, au service de santé au travail. La situation du SST avait déjà donné lieu à une déclaration des élus, lors de la réunion du CSE du 17 décembre 2020.

Des résultats 2020 pourtant « pas si mauvais que ça »…

Comité social et économique (CSE), commission rédaction, négociation annuelle obligatoire : les dernières réunions paritaires de décembre ont été à l’image de l’année 2020. Dans un contexte plus compliqué que jamais, parfois chaotique, Ouest France ne s’en sort, finalement, pas si mal. Les efforts constants et la capacité d’adaptation des salariés y sont pour beaucoup. La direction le reconnaît volontiers. Toutefois, qu’ils soient ouvriers, employés, cadres ou journalistes, les salariés, qui terminent l’année sur les rotules, seront nombreux à constater que 2020 ne leur aura pas apporté la reconnaissance sonnante et trébuchante qu’ils attendent parfois depuis longtemps. Ouest France investit, rémunère son actionnaire, rachète des concurrents, mais continue de tirer sur la corde salariale, en gelant les rémunérations, réduisant les effectifs et entretenant une précarité jamais connue auparavant. [lire la suite dans le document ci-joint]

La « juste place des femmes » : pas seulement sur le papier !

Tous les trois ans, les délégués syndicaux et la direction d’Ouest-France négocient un accord sur l’égalité professionnelle. La direction promet de faire en sorte que salariés hommes et femmes soient traités de façon égale, comme l’exige la loi. Et, trois ans plus tard, on fait le bilan et constate que la direction n’a pas tenu ses engagements. Même quand ils ne lui auraient pas coûté grand-chose.

Ainsi, le dernier accord prévoyait, par exemple, que la direction réalise et distribue aux salariés une plaquette d’information et de sensibilisation sur la discrimination et les comportements stéréotypés. La plaquette a été réalisée, mais elle est restée dans les tiroirs de la DRH, a-t-on finalement appris. Il était prévu aussi que les entreprises sous-traitantes soient, elles aussi, incitées à promouvoir l’égalité professionnelle et la mixité. Rien n’a été fait.

Pour les salariés d’Ouest-France, ce manque d’ambition se révèle très concrètement dans les inégalités de rémunération qui perdurent depuis des décennies. Depuis plus de dix ans, les accords successifs stipulent :« En matière de rémunération, la direction s’engage à étudier chaque situation au regard de la fiche d’emploi, du parcours des salariés(es) dans l’entreprise et, à contraintes professionnelles équivalentes, à accorder immédiatement un rattrapage salarial aux femmes et aux hommes pour lesquels, à parcours équivalent, un écart serait avéré et non justifié. »

Malheureusement, cet engagement reste de pure forme. La direction se garde bien d’aller rechercher et réparer ces situations ou « un écart serait avéré et non justifié ». Et les salariés qui en sont victimes soit l’ignorent, soit préfèrent se taire de crainte de voir leur situation se détériorer.

Le résultat apparaît chaque année dans le bilan social. En 2019, si on ne prend que le cas des journalistes où les écarts sont particulièrement marqués, les femmes, qui sont presque aussi nombreuses et ont pratiquement autant d’ancienneté, avaient encore des rémunérations brutes mensuelles inférieures en moyenne de 18% à celles des journalistes hommes. L’écart moyen mensuel atteint 809 €. Soit, cumulé sur une carrière de 42 années, un manque à gagner moyen de plus de 400 000 €, qui se répercute ensuite sur les pensions de retraite. En 2008, l’écart était de 24%. A ce rythme, il faudra plus de trente ans pour atteindre l’égalité.

La négociation d’un nouvel accord parvient, ces jours-ci, à son terme. On aurait pu penser que l’arrivée d’une femme à la direction des ressources humaines allait produire un sursaut. Il n’en est rien. La direction se contente de promesses vagues et refuse de s’engager sur des objectifs chiffrés. C’est pourquoi, pour la première fois, le SNJ va probablement s’abstenir de signer. « Nous ne pouvons pas continuer indéfiniment à signer des accords qui promettent de résorber ces inégalités et constater, tous les trois ans, que la direction s’est abstenue de prendre les mesures concrètes permettant d’y parvenir », avons-nous prévenu.

S’appuyant sur la récente charte sur « la juste place des femmes dans Ouest-France », la direction communique abondamment et présente l’entreprise comme exemplaire en matière d’égalité. Malheureusement, la réalité est différente. Les femmes vont peut-être trouver « une juste place » dans les colonnes du journal. Les progrès sont réels. Mais dans les services de l’entreprise, c’est toujours l’injustice qui domine.